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Un calédonien frôle les oscars

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Hybrids, court-métrage d’animation, a raté de peu la sélection finale aux Oscars 2019 face à des studios comme Disney/Pixar. Mais l’aventure et le message portés par le Calédonien Yohan Thireau (à gauche sur la photo) restent fantastiques.


Fin 2017, au Motion picture in Arles (Mopa), école d’animation à Arles, cinq étudiants mettent en scène, pour leur projet de fin d’études, la vie sous-marine du futur. Les animaux sont hybridés aux déchets qui ont envahi les profondeurs. Mérou-baril, requin-Chevrolet, et autres crabes-capsules peuplent un univers devenu triste et terne.

A quoi ressemblait ta vie en Nouvelle-Calédonie ?

Né à Nouméa, j’ai grandi au Mont-Dore. Une vie tranquille, partagée entre cours, jeux-vidéo et balades à la rivière le week-end en famille.

Qu’est-ce qui t’a amené à l’animation ?

J’ai toujours aimé les arts. Au lycée j’ai commencé à m’intéresser aux films d’animations et aux effets spéciaux. Après mon Bac, je suis parti en France pour des études d’animation. Ça m’a passionné et j’ai continué jusqu’à en faire mon métier.

Ton premier film, Aliki, met en scène un grand-père kanak et son petit-fils. Montrer l’univers calédonien, c’était une évidence ?

Au début oui. Je pensais souvent à la Calédonie, et les gens autour de moi me demandaient comment c’était. Ça me tenait à cœur, et j’en ai fait ce petit film.

Comment avez-vous choisi le thème d’Hybrids ?

Romain Thirion, membre de l’équipe, constatait en Méditerranée la dégradation des fonds. Moins de vie, plus de déchets. Les petits poissons brillants n’étaient que des capsules en métal. On a développé l’idée que l’on n’arrivait plus à discerner l’animal de l’objet, qu’ils avaient fusionné.

Quels aspects de ta culture calédonienne t’ont servi pour Hybrids ?

En plongeant sur nos récifs, j’ai acquis cette vision des fonds marins, des coraux, des couleurs et des lumières, et l’ai apportée pour Hybrids. Le fait d’avoir vu des tortues, des mérous m’a permis de les animer de façon réaliste. J’ai aussi réalisé la chance que l’on a en Nouvelle-Calédonie d’avoir une mer en bonne santé, car en Métropole, c’est une catastrophe !

Le film a fait beaucoup parler de lui. C’est venu vite ? Quelles ont été les retombées pour toi ?

Il a rapidement été sélectionné dans beaucoup de festivals, obtenu des prix, jusqu’à la pré-sélection aux Oscars. Ça nous a permis de visiter des grands studios d’animation américains et de discuter avec des professionnels impressionnés par le travail réalisé. Ça m’a aidé pour ma carrière.

Et maintenant ?

Je viens de travailler un peu plus d’un an à Paris, sur un long-métrage d’animation qui s’appelle «La fameuse invasion des Ours en Sicile », qui sortira en octobre 2019. Je vais travailler ici à des cinématiques de jeux vidéo, puis pourquoi pas Londres ou Montréal ?

Un conseil pour les jeunes calédoniens qui voudraient travailler dans l’animation ?

Tout est possible. Il faut tenter, se lancer, et être motivé. Je n’avais jamais imaginé pouvoir vivre ce que j’ai vécu grâce à Hybrids qui devait juste me servir à avoir mon diplôme. Il ne faut pas hésiter à avoir de grandes ambitions. Si tu es passionné, fonce et amuse-toi !


Voir les œuvres de Yohan Thireau :

Hybrids / Aliki 

www.hybrids-shortfilm.com


Texte : Matthieu Fleury
Photos : Yohan Thireau

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