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Le ciel est noir d’oiseaux

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Frégates, fous, noddis et sternes cohabitent dans un brouhaha permanent de cris stridents, où règne une odeur de guano éternelle. Ici, la nature a gardé ses droits… jusqu’à quand ?


Les plus communs, et notamment les plus amusants à observer, sont les fous masqués, facilement reconnaissables à leurs becs et yeux magnifiquement jaunes. Ils nichent à même le sable contrairement à leurs congénères, les fous à pieds rouge qui nichent dans les végétaux. Un peu maladroits, ils faillissent souvent leur envol en sautillant les ailes déployées.

Leur comportement en soi est hilarant, ce qui leur a probablement valu leur nom. Plus loin dans les broussailles, se cachent les frégates. Vicieuses, leur quête consiste à piquer le poisson fraîchement ramené par ses voisins trop naïfs. Leur plumage perméable les empêche de plonger, sous peine de rester coincées en surface. Les naissances ont lieu entre août et septembre. Il est intéressant de suivre l’évolution des juvéniles fraîchement éclos, principalement les fous. Leurs géniteurs ne prêtent pas attention à vous jusqu’à quelques mètres.

Il est très facile de les approcher, ce qui les rend malheureusement vulnérables. Ils n’ont pas conscience de la dangerosité de l’être humain. C’est pourquoi il est important dans tous nos gestes, que ce soit aux Chesterfield ou ailleurs, d’assurer la tranquillité du lieu et de ne laisser aucune trace. Il y a souvent deux œufs dans les nids, le plus résistant des nouveau-nés survit et l’autre meurt, dans la plupart des cas… Triste réalité de la sélection naturelle. Puis, le petit oisillon nu, frileux, encore dépourvu de duvet, grandira pour devenir un pré-pubère, quelques plumes au menton et sous les ailes.

Insolent, il quémandera de la nourriture réchauffée à ses parents en piaillant de sa voix enrouée. Durant une courte période, le duvet se transforme rapidement en véritable plumage. Les premières plumes apparaîtront, son bec jaunira et son corps s’effilera. Son heure viendra aussi de quitter le cocon familial, pour rejoindre ses confrères au cœur des tempêtes, braver les vents, les mers déchaînées à la recherche du délicieux poisson-volant, et revenir des mois plus tard, ou pas, exténué de son épopée de véritable aventurier.

Texte et photos : Jonathan Jagot

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