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Bienvenue dans la foil aventure

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Après le kitefoil et le windfoil, les Calédoniens s’attèlent au supfoil (stand up paddle). Laurent Borgna, véritable touche-à-tout passionné de glisse, a testé son dernier prototype à Hawaï, avec Robert Teriitehau…


Nous ne pouvions pas ne pas évoquer Laurent Borgna lorsque l’on parle de glisse en Nouvelle-Calédonie. Ce touche-à-tout, professeur de sciences de l’ingénieur et de l’innovation technique à Jules Garnier est avant tout un mordu des activités en mer. Il a fait ses armes en kitesurf et en kitefoil mais sa soif profonde de recherche le pousse à continuer dans les autres disciplines. Son domaine d’étude du moment : le supfoil.

À chacun son foil

« Au début je dois dire que je n’y croyais pas. Un de mes potes m’avait envoyé du matériel de France, mais je l’avais laissé dans mon garage pendant des mois sans trop y croire. L’ensemble n’était pas vraiment abouti et surdimensionné, il saturait lorsqu’on prenait de la vitesse, c’était pas très rassurant », déclare-t-il. Et puis au fil des essais ce technicien de la glisse s’évertue à améliorer l’engin. Il faut dire que sa curiosité est insatiable. Penser, imaginer, fabriquer, monter, démonter et tester le matériel font partie de ses missions du quotidien. Des étapes qu’il réalise avec une détermination sans faille. « Ce que je veux, c’est créer et développer un matériel adapté à la personne qui va l’utiliser et non pas l’inverse. Ce sont des outils pour progresser, il faut que ce soit facile et performant », lance-t-il sérieux.

La cinquantaine, vêtu d’un pull gris, d’un jean et de baskets, Laurent a du mal à rester en place et multiplie les aller-retours entre sa cuisine et son bureau. Il nous montre des vidéos de supfoil tournées avec ses compagnons de glisse, exalté de nous faire partager ces moments de bonheur. Il aurait presque l’air d’un enfant qui raconte ses exploits sportifs. Cette frénésie de sensations fortes et singulières le pousse à être en perpétuelle remise en question. Sur le spot d’Aquareve à Sainte-Marie, il est un peu le « marginal », c’est lui qui le dit, en plaisantant. « Je pars à l’eau avec un sac banane autour de la taille rempli d’outils pour régler sur place le matériel. Quand je pratique, j’ai une idée en tête : il faut que ça fonctionne, que ce soit toujours mieux », ajoute-t-il concentré. Si le travail se fait sur le terrain, en amont, il passe des heures dans son garage, véritable petite usine dans laquelle s’entassent les planches et les mats de foil. Un second métier pour lequel il passe également des heures sur ses logiciels de dessins, à créer et modifier ses prototypes. Une activité qu’il met même au profit des marques puisqu’il est en partenariat avec une enseigne Française pour la recherche. Une belle revanche pour celui qui se rêvait shaper.

Tracté par Teriitehau à Hawaï

En ce moment, il est sur son 6e prototype de foil pour le Sup. « Une fois qu’il est validé, je vais faire un moule. Mais c’est toujours avec beaucoup d’hésitation, car avant d’en faire un il faut que tout soit parfait ». Une véritable quête de l’excellence qui se fait avec l’aide de ses partenaires de glisse dont il ne manque pas sur le territoire. Depuis plus d’une dizaine d’années, Laurent côtoie les précurseurs et les passionnés du domaine. Robert Teriitehau, Titouan Galea, Clément Colmas, Guy Caine, Cyril Chevalier, Tom Hebert et bien d’autres ont déjà mis les pieds dans son garage, à la recherche de ses trésors de technologie. Pour lui, c’est l’occasion de faire essayer ses modèles mais aussi et surtout de vivre des moments inoubliables. Comme en décembre dernier à Hawaii, où il est allé rejoindre son ami Robert Teriitehau.

« Nous nous sommes tractés en jet ski dans des vagues de 3 mètres de haut sous la pleine lune. En supfoil, on était comme des fous. C’est aussi pour ces moments- là que je fais ça. Mon kiff, c’est de voir les mecs heureux et qu’ils me disent que le matos est super facile », ajoute-t-il des étoiles pleins les yeux. Des instants de partage et de sensations fortes immanquables pour ce passionné de mécanique des fluides. « Je ne pensais pas que l’on pouvait prendre autant de plaisir avec si peu de relief dans l’eau. Avec un supfoil, on n’a pas besoin de grosses vagues, il suffit qu’il y ait du vent. On n’a pas besoin de monter au récif pour ça, on peut faire des sessions avec un bateau moins loin du bord ».

Avant de pouvoir s’y mettre, il faut toutefois quelques heures de vol, environ une dizaine de sorties avant d’avoir le déclic. « Le plus difficile c’est le take off (le départ). Le plus facile c’est en étant tracté par le bateau. Sans ça, il faut y aller à la rame et sur le caillou, il n’y a qu’un seul rider qui y arrive pour le moment ». Et si la discipline prend du galon dans le monde et notamment à Hawaii, où s’entraînent les meilleurs mondiaux, Laurent Borgna continue, lui, à perfectionner son dernier mat de foil. « Ici c’est un véritable laboratoire à ciel ouvert. On a les conditions idéales : le vent et la houle. Pour la recherche, c’est exceptionnel », conclut-il tout en remplissant son van de planches. Direction le spot de kite pour se mettre à l’eau et continuer à façonner son oeuvre de chercheur au grand coeur.

Son foil bientôt dans le monde entier

Dans un peu moins de quinze jours, Laurent Borgna verra son tout premier surf SUP foil commercialisé dans le monde entier. LOL Foil by Takuma Concept, c’est le nom de ce petit bijoux façonné puis designé localement et fabriqué au coeur des usines Takuma, à Taiwan. Une concrétisation qui résulte d’une rencontre fortuite au bord de l’eau, à l’Anse Vata, entre le shaper calédonien et Cyril Coste de Takuma concept.

 

Texte : Alix Madec
Photos : Laurent Borgna

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