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D’un bout du Monde à l’autre

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Calypso et Adrien, deux Calédoniens passionnés d’aventure sous le signe d’Eole, convoient pour des passagers triés sur le volet un alu de 62 pieds entre Ushuaïa, en Argentine, et l’Antarctique. Ou comment poser un autre regard sur la croisière.


Une (seule) heure de nuit, par jour, rythme les soi-disant 24 heures quotidiennes. Baleines, pingouins, falaises de glace, iceberg se chargent du reste. Le spectacle, glacial, réchauffe pleinement le cœur des aventuriers embarqués à bord du Spirit of Sydney. Cet ancien bateau de course en aluminium, vieux de 35 ans, long de 62 pieds (19 mètres), transporte de décembre à janvier, des photographes, des sportifs de l’extrême ou tout simplement des curieux, au bout du monde. Et ici, le bout du monde porte un nom universel : l’Antarctique. A la barre du Spirit of Sydney, deux trentenaires calédoniens. Calypso, la capitaine, et Adrien, son second.

Habitués des tours du monde à la voile, ces jeunes anciens de Port Moselle (Nouméa) bravent le Cap Horn et les mers gelées pour amener, depuis Ushuaïa, la ville la plus australe du monde, leurs compagnons à bon port, l’Antarctique. Plus de 600 milles nautiques, soit environ 1 110 kilomètres, séparent les deux prestigieuses destinations. Ushuaïa-l’Antarctique, trois jours et demi de navigation, avec souvent 40 nœuds de vent, soit 75 km/h, des températures qui flirtent le zéro degré Celsius, et de la glace. Beaucoup de glace.

On a croisé le Ponant

« C’est la glace qui te dit où tu dois aller », explique, depuis Ushuaïa, Adrien, joint par téléphone début février entre deux rotations. Le Spirit of Sydney n’est pas un brise-glace. « Nous contournons les blocs, donc il faut être attentif tout le temps. » Exit la croisière tout repos. Non, à bord, clients comme convoyeurs sont tous considérés comme des marins, membres d’équipage. « Les sept passagers que nous escortons ne restent jamais le cul posé dans le bateau. Non, on veut qu’ils apprennent, qu’ils vivent le moment présent. » C’est pour cela que les moments de surveillance, tout comme les tournées de vaisselle, restent partagés entre tous les marins. « On est loin des croisières de luxe en paquebot, explique Adrien. D’ailleurs, la semaine dernière, nous avons croisé la route d’un navire du Ponant. Ici, en Antarctique, les croisières sont ultra-réglementées et nous devons, nous aussi, remplir des fiches de rapport quotidien dès notre retour à Ushuaïa, pour rendre compte de nos actions là-bas. » Ou comment laisser libre court à l’aventure humaine à petite échelle, tout en imposant une action de surveillance raisonnée…

Texte : Aurélien Lalanne
Photos : Calypso et Adrien

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