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La vallée des Rois

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Sur l’île de Nuku Hiva, aux Marquises, les 350 mètres verticaux de la cascade Ahuii, nichés au sein de la vallée des rois de Hakaui, font de cette chute d’eau la plus importante de Polynésie. Comme un air du bout du monde accessible depuis La Tontouta après 20 heures de trajet via Tahiti, cinq heures de cheval et deux heures de marche…


Au cœur de la Vallée des rois, Ahuii. Imaginez-vous, entourés d’immenses montagnes escarpées, emplies d’une verdure étonnement foisonnante, au cœur de la magistrale Vallée des rois de Hakaui. Ici, une famille royale ancestrale y vivait depuis des millénaires… et y vit toujours.

Accessible seulement en bateau ou depuis la capitale de Nuku Hiva (Mar- quises) en cinq heures, à dos de che- val hors des sentiers battus, vous serez accueillis dans la vallée de Hakaui par l’arrière-petit-fils du roi, torse nu, cou- vert de tatouages marquisiens et d’un collier en dents de cochon sauvage. Ses ancêtres marquisiens, plus de 100 000 lorsqu’ils ont été découverts au XVIe siècle par les Espagnols puis par Cook en 1774 et annexés par la France en 1842, n’ont pas résisté au contact avec l’occident et à son flot de maladies et de violences. Moins de 6 000 en 1872, les Marquisiens issus de la Fenua Enata, littéralement La Terre des hommes en Marquisien, ne sont plus que 9 250 aujourd’hui.

Après quelques parlers très chaleureux, rythmés au son du « R » plus que roulé, ce guerrier nous indique le chemin à suivre pour accéder à la plus haute cascade de Polynésie, troisième chute d’eau du Pacifique après la Nouvelle-Zélande et Hawaï, et précisément la 202e au monde. Deux heures de marche en passant par des somptueux jardins de fleurs et de fruits, et voilà qu’Ahuii se dévoile enfin.

Les chanceux touristes, émerveillés par la beauté du paysage, voient leur souffle se couper lorsque, derrière les abondants branchages, l’immense chute d’eau qu’il est impossible de voir en entier se dessine à peine. La montagne est fendue en deux, la rivière s’écoule dans la vallée depuis des millénaires. Deux murailles de basalte noir se dressent sur une hauteur affolante. Vertige assuré.

Des centaines de phaétons à bec rouge virevoltent au-dessus des embruns propulsés par les quelques milliers de tonnes d’eau tombées du ciel. En approche de l’amont, les pas résonnent, perdus dans l’incessante répercussion de l’eau qui se fracasse sur les rochers. Le soleil, au zénith, se fraye un chemin au travers des rebords abrupts s’associant aux gouttelettes générant d’infinis arcs-en-ciel accompagnés par cette chaleur accablante, soudainement poussée par un souffle glacial venu du fond de la vivante vallée. La végétation est ardente, constamment perlée. Cueillir des citrons, des oranges et des piments sauvages, un véritable délice. D’énormes anguilles viennent au bord de la rive, raffolant des petits morceaux d’oranges. Un véritable jardin d’Eden d’où l’on ne revient véritablement jamais le même.

 

Texte et photos : Jonathan Jagot

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